La Chute de Bunagana : Manifestations anti‑MONUSCO et Force régionale de l’EAC
M23, Bunagana, manifestations anti‑MONUSCO et Force régionale de l’EAC

- Introduction : une nouvelle séquence de la guerre à l’Est
- Contexte historique : des guerres du Kivu à la résurgence du M23
- Juin 2022 : résurgence du M23 et prise de Bunagana
- Tensions RDC–Rwanda autour de la guerre du M23
- Biographies et profils des principaux acteurs
- Juillet–août 2022 : manifestations anti‑MONUSCO et explosion de la colère populaire
- Novembre 2022 : déploiement de la Force régionale de l’EAC (EACRF)
- Contribuer à la mémoire congolaise des conflits
- Références et lectures complémentaires
M23, Bunagana, manifestations anti‑MONUSCO et Force régionale de l’EAC : une nouvelle phase de la guerre à l’Est de la RDC (2022)
De la résurgence du M23 à la prise de Bunagana, des émeutes contre la MONUSCO au déploiement de la Force régionale de l’EAC, cet article analyse l’année 2022 vue depuis les collines du Nord‑Kivu et les rues de Goma.
Introduction : une nouvelle séquence de la guerre à l’Est#
L’année 2022 marque une bascule dans la trajectoire des conflits à l’Est de la République démocratique du Congo : le retour en force du M23 et la prise de Bunagana en juin, les manifestations violentes contre la MONUSCO en juillet–août et le déploiement de la Force régionale de la Communauté d’Afrique de l’Est (EACRF) en novembre ouvrent une nouvelle séquence de la guerre au Nord‑Kivu. [web:41][web:42][web:46][web:50][web:61]
Pour les Congolais du Kivu, ces événements ne sont pas de simples « épisodes » géopolitiques, mais des réalités vécues : villes assiégées, routes coupées, déplacements massifs, frustrations accumulées contre les forces nationales et internationales censées les protéger. [web:56][web:59][web:63]
Cet article propose, du point de vue congolais, de replacer la résurgence du M23, les protestations anti‑MONUSCO et l’arrivée de l’EACRF dans une histoire longue de rébellions, d’ingérences régionales et de promesses de paix non tenues, tout en présentant les profils des principaux acteurs et les débats qu’ils suscitent. [web:42][web:48][web:64]
En un coup d’œil#
Juin 2022 : le M23 s’empare de Bunagana et coupe un axe frontière stratégique entre la RDC et l’Ouganda, renforçant sa profondeur logistique. [web:41][web:42][web:58][web:60]
Juillet–août 2022 : des manifestations anti‑MONUSCO éclatent à Goma, Beni et Butembo, faisant des dizaines de morts et blessés, et illustrant un rejet populaire de la mission onusienne. [web:46][web:59][web:63]
Novembre 2022 : la Force régionale de l’EAC (EACRF) est déployée dans le Nord‑Kivu pour stabiliser la région, mais son mandat et son efficacité deviennent rapidement sujets à controverse. [web:50][web:61][web:64]
Contexte historique : des guerres du Kivu à la résurgence du M23#
Le Mouvement du 23 mars (M23) est l’héritier direct de plusieurs cycles de rébellions tutsies congolaises et de réintégrations inachevées au sein de l’armée nationale, depuis l’AFDL et le RCD jusqu’au CNDP de Laurent Nkunda. [web:41][web:42][web:54]
En 2009, l’accord entre Kinshasa et le CNDP mène à l’intégration de ses combattants dans les FARDC, mais les frustrations autour de la mise en œuvre de cet accord, notamment l’amnistie, les grades et le retour des réfugiés, nourrissent la création du M23 en 2012, qui occupa un temps Goma avant d’être vaincu en 2013. [web:41][web:42][web:54]
Après sa défaite, une partie du M23 se replie en Ouganda et au Rwanda, officiellement cantonnée, mais des rapports onusiens et des analyses congolaises soulignent la persistance de réseaux politico‑militaires prêts à être réactivés, sur fond de rivalités régionales et d’enjeux miniers dans le Rutshuru et le Masisi. [web:42][web:48][web:51][web:54]
Une région saturée de groupes armés#
La résurgence du M23 intervient dans un paysage déjà saturé : ADF, FDLR, divers groupes Maï‑Maï, NDC‑R et milices communautaires se disputent le Nord‑Kivu, tandis que d’autres factions sévissent en Ituri et au Sud‑Kivu, alimentées par les trafics, l’or, le coltan et les rivalités intercommunautaires. [web:42][web:48][web:56]
Pour les populations de Rutshuru, Nyiragongo ou Masisi, la « nouveauté » n’est pas la guerre en soi mais la manière dont chaque nouveau cycle — comme le retour du M23 — redessine les lignes de front, les alliances et les routes de fuite, tout en reconduisant un sentiment profond de trahison par l’État central et ses partenaires internationaux. [web:42][web:45][web:56]
Juin 2022 : résurgence du M23 et prise de Bunagana#
Entre mars et juin 2022, le M23 mène une série d’offensives dans le territoire de Rutshuru, s’emparant de localités autour de la frontière avec l’Ouganda et le Rwanda, et mettant en déroute des unités FARDC mal équipées et insuffisamment coordonnées. [web:41][web:42][web:56]
Le 13 juin 2022, les combattants du M23 prennent la ville frontalière de Bunagana, après avoir repoussé les forces congolaises et contraint des dizaines de soldats et policiers à se réfugier en Ouganda, ce qui provoque une onde de choc politique à Kinshasa. [web:41][web:57][web:58][web:60]
Bunagana, nœud commercial reliant la RDC à l’Ouganda, devient alors une base arrière stratégique pour le M23, qui y ouvre un poste douanier parallèle et contrôle un important flux de marchandises et de ressources, contribuant au financement de la rébellion. [web:41][web:42][web:58][web:60]
Conséquences humanitaires de la chute de Bunagana#
Les combats autour de Bunagana et le long de l’axe Rutshuru–Goma entraînent le déplacement de dizaines de milliers de civils, qui fuient vers l’Ouganda voisin ou s’entassent dans des sites de déplacés déjà surchargés, souvent sans accès suffisant à l’eau, à la santé et à l’éducation. [web:56][web:60]
Des témoignages recueillis par les ONG et les médias locaux évoquent des civils exécutés, des pillages et des exactions commises aussi bien par des éléments du M23 que par d’autres groupes armés, dans un contexte de confusion militaire et d’absence de l’État. [web:45][web:59][web:64]
Principales étapes de la résurgence du M23 en 2022#
| Période / Date | Zone concernée | Acteurs principaux | Événement / Résultat |
|---|---|---|---|
| Nov. 2021 – mars 2022 | Rutshuru (axes Chanzu, Runyoni) | M23, FARDC | Reprise des hostilités ; le M23 s’installe sur plusieurs collines stratégiques. [web:41][web:54] |
| 8–13 juin 2022 | Environs de Bunagana | M23, FARDC, MONUSCO | Assaut sur Bunagana, recul des forces congolaises, fuite vers l’Ouganda. [web:41][web:57][web:58][web:60] |
| Mi‑juin 2022 | Axe Rutshuru–Bunagana | M23, FARDC, MONUSCO | Stabilisation relative de la ligne de front, mais maintien du contrôle de Bunagana par le M23. [web:41][web:56] |
| Étés 2022–2023 | Rutshuru, Masisi, Nyiragongo | M23, FARDC, forces régionales | Extension de la zone d’influence du M23 vers le sud et l’ouest, menace sur Goma. [web:41][web:42][web:64] |
Tensions RDC–Rwanda autour de la guerre du M23#
Dès la reprise des combats, Kinshasa accuse ouvertement Kigali de soutenir le M23 en hommes, en munitions et en renseignements, une accusation que le Rwanda rejette tout en renvoyant la responsabilité vers la présence des FDLR en RDC. [web:41][web:45][web:48][web:51]
Des rapports d’experts des Nations unies et d’organisations indépendantes documentent cependant des indices crédibles d’un appui rwandais au M23, notamment via des incursions de troupes régulières, une fourniture d’armes et l’utilisation du territoire rwandais comme zone de repli. [web:48][web:51][web:54]
Cette escalade ravive la mémoire des guerres du Congo des années 1990–2000 et nourrit, au sein de la population congolaise, un discours de souveraineté bafouée qui s’exprime autant dans les manifestations contre le Rwanda que dans le rejet d’une partie des dispositifs internationaux considérés comme complaisants avec les voisins. [web:42][web:48][web:59]
Biographies et profils des principaux acteurs#
Sultani Makenga et le leadership militaire du M23
Sultani Makenga, ancien officier du CNDP intégré puis dissident des FARDC, est considéré comme l’un des principaux commandants militaires du M23, déjà au cœur des opérations lors de la prise de Goma en 2012 et redevenu central dans la campagne de 2022. [web:41][web:42][web:54]
Formé dans un environnement où les alliances se nouent entre acteurs congolais, rwandais et ougandais, Makenga incarne pour beaucoup de Congolais la continuité d’une élite militaire rebelle qui instrumentalise les frustrations locales pour poursuivre des objectifs régionaux et économiques opaques. [web:42][web:48][web:54]
Félix Tshisekedi face au M23, à la MONUSCO et à l’EACRF
Arrivé au pouvoir en 2019 après une alternance historique, le président Félix Tshisekedi s’engage à « pacifier l’Est » et multiplie les initiatives, de l’état de siège au Nord‑Kivu et en Ituri à la participation de la RDC à la Communauté d’Afrique de l’Est, ouvrant la voie au déploiement de la Force régionale de l’EAC. [web:41][web:43][web:50][web:61]
Face à la résurgence du M23, Tshisekedi adopte une ligne de fermeté verbale vis‑à‑vis de Kigali et mise sur la combinaison de la pression diplomatique, du renforcement des FARDC et de la mobilisation de forces régionales, tout en étant critiqué par une partie de l’opinion congolaise qui estime que ces dispositifs restent trop timides ou trop dépendants de voisins aux intérêts ambigus. [web:42][web:48][web:64]
MONUSCO : un acteur ancien, devenu cible de la colère populaire
Présente en RDC depuis plus de vingt ans sous différentes dénominations, la mission de l’ONU (MONUC puis MONUSCO) a vu son mandat évoluer d’une logique d’observation à un mandat de protection des civils et de soutien offensif aux FARDC, notamment contre le M23 en 2013. [web:46][web:65]
Mais aux yeux de nombreux Congolais, la durée de sa présence, l’ampleur des budgets engagés et la persistance des violences dans des villes comme Beni, Goma ou Butembo ont fini par faire de la MONUSCO un symbole d’impuissance, voire de complicité passive avec l’insécurité, ce qui nourrit les appels récurrents à son départ. [web:46][web:59][web:63]
La Force régionale de l’EAC (EACRF) et ses commandements
L’EACRF, force multinationale composée de troupes du Kenya, du Burundi, de l’Ouganda et du Soudan du Sud, est créée pour stabiliser l’Est de la RDC et appuyer les FARDC contre les groupes armés, à la suite de décisions des sommets de l’EAC en 2022. [web:50][web:61][web:64]
Son commandement, confié à des officiers issus de pays voisins, est immédiatement scruté par les Congolais, qui craignent que les intérêts économiques et sécuritaires nationaux de ces États ne priment sur la protection des civils congolais, alimentant un débat permanent sur la neutralité et l’efficacité réelles de cette force. [web:47][web:53][web:64]
Juillet–août 2022 : manifestations anti‑MONUSCO et explosion de la colère populaire#
Le 25 juillet 2022, des manifestations éclatent à Goma pour exiger le départ de la MONUSCO, accusée d’échec à protéger les civils contre les groupes armés, avant de s’étendre rapidement à Beni et Butembo. [web:46][web:49][web:59]
Les manifestants s’en prennent aux bases et entrepôts de la mission, pillent des bureaux, détruisent des installations et bloquent des routes, dans un contexte où les réseaux sociaux et certains acteurs politiques ont appelé ouvertement à la mobilisation contre la présence onusienne. [web:46][web:59][web:65]
Selon les autorités congolaises et les rapports disponibles, ces événements font au moins plusieurs dizaines de morts, parmi lesquels des civils et des membres du personnel onusien, ainsi que des dizaines de blessés, ce qui contribue à radicaliser le débat sur le retrait progressif de la MONUSCO. [web:46][web:59][web:63]
Tableau récapitulatif des principales manifestations anti‑MONUSCO (juillet 2022)#
| Date | Ville | Bilan humain (approx.) | Principales revendications |
|---|---|---|---|
| 25–26 juillet 2022 | Goma | Au moins 5 morts et une cinquantaine de blessés, selon le gouvernement. [web:59][web:65] | Départ de la MONUSCO, dénonciation de l’inefficacité face aux massacres et à l’avancée des groupes armés. [web:46][web:59] |
| 26–27 juillet 2022 | Butembo | Au moins 7 civils tués, ainsi qu’un casque bleu et deux policiers onusiens. [web:46][web:63] | Rejet de la présence onusienne, dénonciation des violences subies par les manifestants. [web:46][web:63] |
| Fin juillet 2022 | Beni, Uvira | Plusieurs morts supplémentaires, électrocutions accidentelles lors de heurts. [web:63][web:65] | Demandes de protection accrue des civils et de réorientation du mandat de la MONUSCO. [web:46][web:65] |
Perceptions congolaises de la MONUSCO#
Pour une partie importante de la jeunesse urbaine du Nord‑Kivu, la MONUSCO est perçue comme une force lourde, coûteuse et peu réactive, qui assiste à la souffrance des populations sans empêcher les massacres, ce qui nourrit un sentiment de trahison et de colère contre les élites locales et internationales. [web:46][web:59][web:63]
D’autres voix, notamment au sein de la société civile et d’organisations de défense des droits humains, reconnaissent l’apport logistique et humanitaire de la mission tout en plaidant pour une transition planifiée, afin d’éviter un vide sécuritaire qui pourrait aggraver encore la vulnérabilité des civils. [web:46][web:65]
Novembre 2022 : déploiement de la Force régionale de l’EAC (EACRF)#
Face à la détérioration de la situation sécuritaire et à la montée des tensions avec le Rwanda, les chefs d’État de la Communauté d’Afrique de l’Est décident lors de sommets successifs de 2022 de déployer une Force régionale en RDC, l’EACRF, avec pour mission de stabiliser les zones affectées et de soutenir le processus politique. [web:50][web:61][web:64]
Le déploiement effectif commence en novembre 2022, avec des troupes kényanes, burundaises, ougandaises et, en perspective, sud‑soudanaises, positionnées principalement dans les territoires de Masisi, Rutshuru et Nyiragongo, à proximité des lignes de front avec le M23. [web:50][web:61][web:64]
Le mandat officiel de l’EACRF inclut la protection des civils, le soutien aux FARDC, la facilitation de l’assistance humanitaire et, en théorie, le désarmement ou le retrait des groupes armés refusant d’adhérer au processus de Nairobi, même si l’interprétation de ce mandat demeure source de controverses. [web:50][web:61][web:64]
Composition et zones d’intervention de l’EACRF#
| Pays contributeur | Type de contingent | Zones de déploiement principales | Éléments du mandat |
|---|---|---|---|
| Kenya | Infanterie, unités mécanisées | Rutshuru, Nyiragongo | Patrouilles, zones tampons, appui à la protection des civils. [web:50][web:61] |
| Burundi | Infanterie | Masisi, zones frontalières | Contrôle des axes routiers, réduction de l’espace de manœuvre des groupes armés. [web:50][web:64] |
| Ouganda | Unités terrestres | Rutshuru, frontière Bunagana | Appui aux opérations conjointes et sécurisation de certaines localités. [web:50][web:64] |
| Soudan du Sud (prévu) | Infanterie | Déploiement progressif en appui aux autres contingents | Renforcement du dispositif régional, selon disponibilité des troupes. [web:64] |
Débats congolais autour de l’EACRF#
Pour certains Congolais, l’EACRF a contribué à réduire la probabilité d’une attaque directe du M23 contre Goma, en créant des zones tampons et en renforçant la présence militaire dans des points stratégiques, même si ces succès restent limités et fragiles. [web:53][web:64]
D’autres critiques, notamment issues de la société civile et de certains responsables politiques, accusent la force de se comporter davantage comme une force d’interposition passive que comme une coalition de combat, voire de protéger de facto certaines positions du M23 plutôt que d’imposer son retrait, ce qui relance le débat sur la sincérité des engagements régionaux. [web:47][web:53][web:64]
Discours officiels et dispositifs de paix#
Les gouvernements mettent en avant les cadres de Nairobi et de Luanda, les cessez‑le‑feu annoncés et les mécanismes de vérification, en insistant sur la nécessité d’une approche régionale conjointe pour mettre fin aux violences et désarmer les groupes armés. [web:42][web:50][web:61]
Préparée en parallèle au retrait progressif de la MONUSCO, l’EACRF est présentée comme une réponse africaine aux crises congolaises, supposée être plus légitime et plus adaptable que les dispositifs onusiens, même si ses contours restent flous pour la majorité des citoyens. [web:47][web:50][web:53]
Perceptions des populations du Nord‑Kivu#
Sur le terrain, les habitants de Goma, Rutshuru ou Masisi jugent surtout les forces à l’aune de résultats concrets : sécurité sur les routes, fin des massacres, retour possible dans les villages, accès à la terre et aux champs. [web:56][web:59][web:64]
Tant que les tueries, les déplacements et le contrôle de territoires par le M23 et d’autres groupes armés persistent, la confiance envers la MONUSCO, l’EACRF et même les FARDC demeure fragile, alimentant un climat de désillusion qui peut être exploité par de nouveaux entrepreneurs de guerre. [web:42][web:45][web:64]
Ce que les Congolais retiennent de 2022#
La prise de Bunagana symbolise, pour beaucoup, la capacité du M23 et de ses soutiens présumés à défier l’État congolais et ses partenaires internationaux, malgré des décennies de réformes et de missions de paix. [web:41][web:42][web:48]
Les manifestations anti‑MONUSCO et les critiques de l’EACRF traduisent une exaspération profonde vis‑à‑vis de dispositifs perçus comme coûteux et peu efficaces, et une exigence de solutions réellement centrées sur la sécurité et la dignité des populations congolaises. [web:46][web:59][web:53][web:64]
Contribuer à la mémoire congolaise des conflits#
Cet article fait partie d’un effort collectif pour documenter, depuis le Congo, l’histoire des guerres de l’Est, des interventions internationales et des résistances locales. Vous pouvez enrichir cette mémoire en partageant vos témoignages, archives ou références.
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Références et lectures complémentaires#
| Auteur / Organisation | Titre | Année | Lien |
|---|---|---|---|
| International Crisis Group | The M23 Offensive: Elusive Peace in the Great Lakes | 2025 | Lire en ligne [web:42] |
| NYU CIC | The Resurgence of the M23 | 2024 | PDF [web:54] |
| Al Jazeera | Photos: Anti-MONUSCO protests in DR Congo’s Goma turn violent | 2022 | Galerie [web:59] |
| Nations unies / Conseil de sécurité | Rapport S/2022/709 sur la situation en RDC | 2022 | PDF [web:65] |
| East African Community | East African Community Regional Force (EACRF) | 2022 | Page officielle [web:50] |
| Insecurity Insight | The Deployment of East African Community Forces in Eastern DR Congo | 2023 | PDF [web:64] |
| Wikipedia (synthèse) | M23 campaign (2022–present); Anti‑MONUSCO protests; East African Community Regional Force | 2022–2025 | M23 [web:41] · Anti‑MONUSCO [web:46] · EACRF [web:61] |












