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13e Siècle
Période précoloniale
Dans les réseaux commerciaux du bassin du Congo, avant 1885, des marchands africains, des artisans et des cours royales faisaient circuler cuivre, sel, textiles et ivoire selon des règles, des protections et des institutions locales.
Royaumes précoloniaux (Kongo, Luba, Lunda, Kuba)

Avant 1885, l’espace congolais n’est pas un « vide ». Des royaumes comme Kongo, Luba, Lunda, Kuba organisent pouvoir, production, circulation et diplomatie.

1482
Premiers contacts & commerce
Raconter les réseaux commerciaux internes du bassin du Congo avant 1885, ce n’est pas faire un détour érudit. C’est une correction de perspective.
Diogo Cão

Le contact portugais (1482) ouvre un long cycle : christianisation partielle, échanges, puis traite et militarisation côtière. À l’est, le XIXe siècle voit l’expansion des caravanes arabo-swahilies, qui reconfigure l’accès aux armes, au commerce, et à la violence. Dans l’expérience des communautés, c’est un moment où la sécurité quotidienne et les hiérarchies locales sont bouleversées avant même l’État colonial « moderne ».

15e-18e Siècle
Christianisation partielle & traite atlantique (côtes)
Recomposition politique, violence d’extraction humaine, fractures durables.
traite atlantique

Royaume Kongo : christianisation et traite atlantique (fin XVe–XVIIIe). Diplomatie, guerres, captures : une fracture durable au cœur des côtes du Congo.

19e Siècle
Expansion arabo-swahilie à l’Est du Congo
Au XIXe siècle, les caravanes arabo-swahilies transforment le Maniema et le Haut-Congo : ivoire, captifs, armes, fortins… et un futur récit de “pacification”.

XIXe siècle : expansion arabo-swahilie à l’Est du Congo (Maniema, Haut-Congo) — ivoire, captifs, armes — et mythe des “pacifications”.

1876
En 1876, l’Association internationale africaine naît à Bruxelles sous le patronage de Léopold II : une philanthropie affichée qui prépare, dans les faits, une mécanique de souveraineté sur le Congo.
Bruxelles, septembre 1876 : des cartes, des “bonnes causes”, et un continent réduit à un projet
Association Internationale du Congo

1876 n’est pas une “préface” neutre : c’est le moment où la conquête apprend à se présenter comme vertu. L’AIA n’est pas encore l’État indépendant du Congo ; elle en est la matrice narrative et institutionnelle : rendre l’appropriation dicible, puis rendue légale, puis rendue gouvernable.

1885
1884 - 1885
En 1884–1885, la Conférence de Berlin fixe des « règles coloniales » pour le bassin du Congo : libre commerce sur le papier, dépossession en pratique.
La conference de Berlin de 1885-Partage de l'Afrique

Conférence de Berlin (1884–1885) : règles coloniales du bassin du Congo, “libre commerce”, occupation effective, et dépossession juridique sans Congolais.

1885
L’État indépendant du Congo, domaine privé de Léopold II.
Extraction coercitive, Force publique, quotas : rupture majeure pour les communautés.
1885 : l’État indépendant du Congo — un domaine privé, une machine d’extraction, une rupture pour les communautés

État indépendant du Congo, 1885, Léopold II, Congo Free State, extraction coercitive, caoutchouc, ivoire, Force publique, concessions, Casement Report, Commission d’enquête 1904–1905, Congo Reform Association, Berlin 1885, histoire du Congo.

1890
Années 1890–1900
Dans l’État indépendant du Congo, le caoutchouc n’est pas seulement une matière première. Dans les années 1890–1900, il devient un quota, un poste, une preuve—et, trop souvent, une punition.
économie du caoutchouc

À la lisière de la forêt, on ne parle pas de prix. On parle de quota. Le temps du champ et celui du fleuve se replient : la journée est désormais réglée par les visites au poste, par l’attente, par la peur de “manquer”. Un registre attend, et derrière lui une idée simple : la forêt doit payer—et le village fournira le travail.

1904
REPORT & DOCUMENT
Casement Report (1904), État indépendant du Congo et travail forcé : comment une enquête consulaire a fait basculer un système de coercition dans l’arène mondiale.
Casement report_Roger Casement

Casement Report (1904) : au cœur de l’État indépendant du Congo, le travail forcé devient preuve — et déclenche une crise mondiale sur le Congo.

1908
Du domaine privé à l’État colonial, sans fin de l’exploitation
En 1908, l’annexion crée le Congo belge : réforme bureaucratique, extraction maintenue, chefferies contrôlées, élites congolaises, héritages durables.

En 1908, le passage de l’État indépendant du Congo au Congo belge “normalise” l’appareil colonial : bureaucratie, droit, chefferies contrôlées… mais l’économie d’export et la contrainte changent surtout de forme.

1920
De la guerre mondiale à l’ordre colonial — vu depuis le Congo belge
Première Guerre mondiale, Congo belge, Rwanda-Urundi, mandat : comment une guerre européenne devient une obligation locale, puis un statut international décidé sans les premiers concernés.
Rwanda-Urundi

Première Guerre mondiale : depuis le Congo belge, la conquête de Rwanda-Urundi mène au mandat. Logistique, portage, droit et coûts humains.

1921
Religion, résistance sociale et naissance d’un fait identitaire majeur
En 1921, Simon Kimbangu et Nkamba deviennent l’épicentre d’une foi populaire que l’administration belge juge subversive — la répression fabrique un marqueur identitaire durable.
Simon Kimbangu

Simon Kimbangu à Nkamba. Pourquoi l’administration belge réprime le kimbanguisme et comment naît un fait identitaire congolais durable.

1945
Entre Congo belge, Seconde Guerre mondiale, uranium de Shinkolobwe et Force publique, une histoire mondiale s’est jouée dans des convois, des registres et des villages qui comptaient leurs absents.
Congo belge dans la Seconde Guerre mondiale
Congo-La Force publique pendant la seconde guerre mondiale

Le Congo belge dans la Seconde Guerre mondiale : uranium de Shinkolobwe, Force publique, économie de guerre et coûts sociaux vus depuis les routes congolaises.

1959
ABAKO, ordre colonial et le moment où la domination explose
Janvier 1959 à Léopoldville : ABAKO, autorités belges et décolonisation. Quand l’“ordre public” colonial se retourne contre lui-même — dans une ville devenue politique. La...
1959 : Émeutes de Léopoldville

Léopoldville, janvier 1959 : quand une ville retient son souffle: La chaleur ne tombe pas vraiment sur Léopoldville. Elle change seulement de texture. Vers la fin d’après-midi, elle devient une pellicule sur la peau, une fatigue qui colle aux chemises, une impatience qui se glisse dans les mots.

1960
L’indépendance fixée dans l’urgence, l’État à inventer
Bruxelles: Table ronde de Bruxelles, 1960, leaders congolais, Belgique, calendrier de l’indépendance — quand le temps devient une arme politique.
Janvier–février 1960 : la Table ronde de Bruxelles — l’indépendance fixée dans l’urgence, l’État à inventer

Bruxelles, un matin de janvier 1960. Dans un couloir d’hôtel, l’air est lourd — pas seulement à cause de la fumée de cigarettes, mais à cause de cette fatigue sèche qui colle aux mots. On marche vite, on parle bas, on se passe des papiers comme on se passe des armes.

1960
30 juin 1960, indépendance, Léopoldville/Kinshasa, Lumumba, Kasa-Vubu, Belgique — une souveraineté proclamée qui ouvre une crise de pouvoir et d’alliances.
L'indépendance à Léopoldville. Lumumba et Kasa-Vubu face à la Belgique : souveraineté formelle, crise de pouvoir, alliances.
Independence du Congo 30 juin 1960

La ville s’est levée tôt, comme si l’aube elle-même avait peur d’arriver en retard. À Léopoldville, la chaleur ne discute pas : elle s’installe. Elle colle aux chemises, elle pénètre les bureaux, elle suit les pas dans les rues. Sur une table, dans une pièce administrative où l’on classe encore des dossiers estampillés « Congo belge », un fonctionnaire congolais — jeune, appliqué, déjà fatigué — remet de l’ordre dans des chemises cartonnées.

Le Mois qui a Brisé l’Indépendance Congolaise
Mutinerie, Intervention Belge, Sécessions et Guerre Froide
La Crise de Juillet 1960 - Le Mois qui a Brisé l'Indépendance Congolaise

Juillet 1960 demeure le mois le plus tragique de l’histoire postcoloniale congolaise, celui où les espoirs éclatants de l’indépendance se sont transformés en cauchemar d’une rapidité stupéfiante.

Juillet 1960
Pour beaucoup de Congolais, la sécession katangaise n’est pas une simple “crise régionale” du passé. C’est une blessure fondatrice, un miroir tendu à notre histoire politique.
Sécession katangaise-Drapeau de la République du Katanga en 1960

Le Congo belge arrive à l’indépendance comme on arrive à une gare en pleine nuit : avec l’excitation, l’urgence, et un sentiment d’inachevé. L’année 1959 ouvre une séquence où les Congolais comprennent que la colonisation recule, mais aussi que le calendrier du départ n’est pas celui d’une transition construite.

Création de l’ONUC et Internationalisation de la Crise Congolaise
La première grande intervention de l’ONU en Afrique postcoloniale
UN Resolution — S/RES/143 (1960) : ONUC

ONUC : le 14 juillet 1960, quatorze jours seulement après l’indépendance solennelle du Congo, le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte la résolution 143.

Le conflit entre Kasa-Vubu et Lumumba est né de divergences d'approches politiques et d'interférences extérieures suite à l'indépendance du 30 juin 1960.
5 septembre 1960 : quand Kasa-Vubu révoque Lumumba… et que Lumumba révoque Kasa-Vubu
Kasa-Vubu et Patrice Lumumba en 1960, sur fond de foule à Léopoldville, symbole de la crise politique congolaise

Deux mois plus tôt, le 30 juin 1960, le Congo-Léopoldville proclame son indépendance. Mais l’indépendance juridique n’efface ni l’urgence sécuritaire ni le chaos administratif : mutineries dans l’ancienne Force Publique, sécession du Katanga, tensions et violences au Sud-Kasaï, inquiétudes sur l’intégrité territoriale.

Collège des commissaires généraux
Quand l’armée congolaise “suspendait” la démocratie : la technocratie de Mobutu entre crise constitutionnelle et bascule historique
Joseph-Désiré Mobutu nomme un Collège des commissaires généraux (1960–1961)
Joseph Mobutu nomme un Collège des commissaires généraux (1960–1961) : la « technocratie » de Mobutu, entre crise constitutionnelle et bascule historique.

Septembre 1960 : alors que le Congo indépendant vacille depuis moins de trois mois, Kasa-Vubu et Lumumba se révoquent mutuellement par radio. L’État se fige, le Parlement s’enlise. C’est alors que l’Armée nationale congolaise, sous la direction du colonel Joseph-Désiré Mobutu, décide de “neutraliser” les institutions et confie les clés du pays à une équipe de jeunes universitaires.

1961
Janvier 1961
Mort en détention, exécution sous supervision belge, corps dissous dans l’acide : retour sur l’assassinat du premier Premier ministre du Congo indépendant et les responsabilités partagées entre autorités katangaises, belges et puissances occidentales.
Janvier 1961 – L’assassinat de Patrice Émery Lumumba au Katanga

Le 17 janvier 1961, Patrice Émery Lumumba, premier chef de gouvernement de la République du Congo, est exécuté près d’Élisabethville (aujourd’hui Lubumbashi), dans la province sécessionniste du Katanga. Avec lui périssent deux de ses compagnons de lutte : Maurice Mpolo, ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, et Joseph Okito, vice-président du Sénat.

1961
Dag Hammarskjöld, le secrétaire général qui a trouvé la mort en cherchant la paix au Congo
Entre la sécession du Katanga, la guerre froide et les archives verrouillées, le destin de Dag Hammarskjöld révèle comment le Congo est devenu le théâtre où la vérité internationale se négocie encore.
Dag Hammarskjöld

Dans la mémoire congolaise, certaines dates ne se lisent pas seulement dans les livres. Elles se sentent. Juin 1960, l’indépendance. Janvier 1961, l’assassinat de Patrice Lumumba. Septembre 1961, un crash nocturne près de Ndola, alors en Rhodésie du Nord (aujourd’hui la Zambie), qui emporte Dag Hammarskjöld, secrétaire général des Nations unies, et toute sa délégation. Ce télescopage de tragédies a laissé une trace particulière au Congo: l’impression d’un pays devenu, dès sa naissance, le champ d’essai violent de la guerre froide, des appétits miniers, et des limites – parfois douloureuses – de l’ordre international.

1964
Déclenchement de la rébellion du Kwilu
Révolutionnaire Lumumbiste et Martyr de la Liberté

Pierre Mulele demeure l’une des figures les plus emblématiques, courageuses et tragiques de l’histoire révolutionnaire congolaise . Ancien ministre de l’Éducation nationale dans le gouvernement historique de Patrice Lumumba, révolutionnaire maoïste formé en Chine, leader de la légendaire rébellion du Kwilu, et martyr atrocement torturé par le régime de Mobutu, Mulele incarne la continuité de l’idéal lumumbiste face aux forces néocoloniales qui ont trahi l’indépendance congolaise

1965
24 novembre 1965
De la crise politique à la stabilisation autoritaire : comment le général Mobutu saisit le pouvoir au Congo, reconfigure les élites et construit un régime recentralisé soutenu par de nouveaux alliés étrangers.
Joseph Mobutu nomme un Collège des commissaires généraux (1960–1961) : la « technocratie » de Mobutu, entre crise constitutionnelle et bascule historique.

Le 24–25 novembre 1965, à Léopoldville (future Kinshasa), le général Joseph-Désiré Mobutu, chef de l’armée congolaise, lance un coup d’État contre le président Joseph Kasa-Vubu et le gouvernement d’Évariste Kimba.

1966
2 juin 1966
2 juin 1966 — Les martyrs de Kinshasa et la mémoire du Stade des Martyrs Jérôme Anany, Emmanuel Bamba, Évariste Kimba et Alexandre Mahamba :...
Les « martyrs de Kinshasa » de 1966 — Jérôme Anany, Emmanuel Bamba, Évariste Kimba et Alexandre Mahamba

Le 2 juin 1966, Kinshasa retient son souffle. Sur une vaste esplanade du quartier Lingwala, devant plus de 50 000 personnes, quatre anciens ministres congolais — Jérôme Anany, Emmanuel Bamba, Évariste Kimba et Alexandre Mahamba — sont conduits à la potence, mains liées, visages tuméfiés par les interrogatoires.

1967
Jean “Black Jack” Schramme
Jean Schramme incarne l'une des figures les plus controversées de l'histoire post-coloniale du Congo.
Jean Schramme

Jean Schramme (1929–1988), planteur belge devenu mercenaire, incarne l’une des figures les plus controversées de l’histoire post-coloniale du Congo. De la sécession katangaise aux mutineries de 1967 à Bukavu et Stanleyville, Schramme a combattu aux côtés de Moïse Tshombe avant de se retourner contre le régime de Mobutu. Son siège de Bukavu en 1967, qui dura sept semaines face à l’Armée nationale congolaise, reste l’un des épisodes les plus emblématiques de l’histoire des mercenaires en Afrique. Cet article explore la trajectoire de cet homme surnommé “Black Jack”, ses motivations, ses actions militaires et l’héritage qu’il laisse dans la mémoire congolaise.

Le Mouvement populaire de la révolution (MPR) est un parti politique du Zaïre (République démocratique du Congo), fondé le 20 mai 1967 par Joseph-Désiré Mobutu.
Le parti-État mobutiste : 30 ans d’hégémonie politique au Zaïre (1967-1997)
MPR-Mouvement Populaire de la Révolution

20 mai 1967 : Joseph-Désiré Mobutu, désormais « guide » de la nation, fonde le Mouvement Populaire de la Révolution. Plus qu’un parti politique, le MPR devient l’institution totale qui incarne l’État, la nation et la révolution zaïroise. Pendant trois décennies, cet organisme unique régira tous les aspects de la vie nationale, du sommet de l’État jusqu’au moindre village, instaurant une idéologie syncrétique mêlant nationalisme, traditionalisme et culte de la personnalité. Son crépuscule en 1997 marquera la fin d’une époque et la révélation brutale des contradictions accumulées.

1971
Un changement de nom présenté comme rupture avec la colonisation
1971 — Du Congo au Zaïre : « authenticité » et pouvoir personnel
Zaïre

En octobre 1971, un décret du président Mobutu change officiellement le nom du pays : la « République démocratique du Congo » devient la République du Zaïre. [web:61][web:76] Le fleuve Congo devient « Zaïre », Léopoldville est déjà devenue Kinshasa, la province du Katanga est rebaptisée Shaba, et le pouvoir lance une grande campagne idéologique appelée « authenticité », censée rompre avec les traces coloniales et « rétablir l’âme africaine » de la nation.

1974
30 octobre 1974
Le « Rumble in the Jungle » (La bagarre dans la jungle) est un combat de boxe légendaire opposant Mohamed Ali à George Foreman, qui s'est tenu le 30 octobre 1974 à Kinshasa, au Zaïre (actuelle RD Congo).
Rumble in the Jungle

« The Rumble in the Jungle » est bien plus qu’un combat de boxe historique. C’est un événement total qui fusionne sport, politique, culture et médias à une échelle inédite. Organisé à Kinshasa, capitale du Zaïre (actuelle RDC), ce match oppose le champion du monde poids lourds George Foreman, invaincu et destructeur, à l’ancien champion Muhammad Ali, considéré comme dépassé à 32 ans.

1977
Fragilité Militaire et Dépendance Externe du Zaïre
Comment les invasions katangaises ont révélé la dépendance militaire et politique du Zaïre aux puissances étrangères.
Les Guerres du Shaba (1977‑1978) : Fragilité Militaire et Dépendance Externe du Zaïre

Entre 1977 et 1978, deux incursions armées menées par des ex-gendarmes katangais regroupés au sein du Front pour la Libération Nationale du Congo (FNLC) plongent la riche province minière du Shaba (Katanga) dans la guerre et révèlent, aux yeux du monde, la profonde fragilité militaire du régime de Mobutu Sese Seko et sa dépendance à l’égard des alliés étrangers comme la France, le Maroc, la Belgique et les États-Unis.

1980
Le 30 décembre 1980
Une lettre de 52 pages rédigée par 13 parlementaires zaïrois est saisie par les services secrets.
Lettre ouverte de 13 parlementaires a Mobutu

En 1980, le Zaïre vit sous un régime de parti unique depuis 1967. Le Mouvement populaire de la révolution (MPR), dirigé par Mobutu Sese Seko, contrôle tous les aspects de la vie politique, économique et sociale. En 1977, après les guerres du Shaba, Mobutu annonce une politique de libéralisation et organise des élections législatives pour redonner une légitimité à son régime.

1988
20 juillet 1988
La province du Kivu fut créée en 1912 sous l'administration coloniale belge, regroupant les districts de Sud-Kivu, Nord-Kivu et Maniema.
Kivu

Divisée en 1988 en trois provinces — Nord-Kivu, Sud-Kivu et Maniema — l’ancienne province du Kivu demeure l’épicentre des crises politiques et militaires de la République démocratique du Congo. Située à la frontière de cinq des neuf pays voisins du Congo (Ouganda, Rwanda, Burundi, Tanzanie et Zambie), cette région stratégique a vu naître toutes les grandes rébellions qui ont marqué l’histoire congolaise contemporaine, de Pierre Mulele à Jean Schramme, de l’AFDL au RCD, du CNDP au M23.

1990
24 avril 1990
Mobutu Sese Seko annonce, les larmes aux yeux, la fin du parti unique et l'instauration du multipartisme au Zaïre.
Zaïre 1990–1992 : Ouverture multipartite et Conférence nationale souveraine

Le 24 avril 1990, le président Mobutu Sese Seko annonce, les larmes aux yeux, la fin du parti unique et l’instauration du multipartisme au Zaïre. Cette ouverture politique débouche sur la Conférence nationale souveraine (CNS) de 1991-1992, un moment historique de libération de la parole et de contestation du régime mobutiste. Mais cette transition démocratique avorte rapidement, plongeant le pays dans une dualité institutionnelle, une crise sociale profonde et une instabilité chronique qui ouvriront la voie aux guerres des années 1990.

1992
Le 14 janvier 1992
La Conférence nationale souveraine (CNS) au Zaïre reprend ses travaux après une série de blocages, de suspensions et de manœuvres politiques dans un pays épuisé par la crise économique, la corruption et l’autoritarisme.
Conférence nationale souveraine (Zaïre) — la reprise du 14 janvier 1992 et l’espoir démocratique interrompu

Le 14 janvier 1992, la Conférence nationale souveraine (CNS) au Zaïre reprend ses travaux après une série de blocages, de suspensions et de manœuvres politiques dans un pays épuisé par la crise économique, la corruption et l’autoritarisme. Pensée comme un forum « souverain » — donc supérieur, en théorie, au président et au gouvernement — la CNS devait faire le bilan du régime depuis 1960, mettre fin au parti unique, baliser une transition et préparer des élections libres.

1994
Génocide contre les Tutsis au Rwanda
Près de deux millions de Rwandais, traversent la frontière vers le Zaïre et se réfugient principalement dans les provinces du Nord et du Sud-Kivu.
1996
Octobre 1996
Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL).

Le 24 octobre 1996, l’Alliance des Forces Démocratiques pour la Libération du Congo (AFDL), dirigée par Laurent-Désiré Kabila et soutenue militairement par le Rwanda et l’Ouganda, lance une offensive depuis l’est du Zaïre. En sept mois seulement, cette coalition traverse le pays et renverse le régime de Mobutu Sese Seko, dictateur soutenu par les États-Unis pendant 32 ans. Le 17 mai 1997, l’AFDL entre dans Kinshasa, mettant fin à l’ère mobutiste et refondant le pays sous le nom de République démocratique du Congo.

1998
Le 2 aout 1998
Le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), soutenu par le Rwanda et l’Ouganda.
RCD Goma

Le 2 août 1998, à peine un an après la chute de Mobutu et l’arrivée au pouvoir de Laurent-Désiré Kabila, la République démocratique du Congo replonge dans la guerre. Une nouvelle rébellion, le Rassemblement congolais pour la démocratie (RCD), soutenu par le Rwanda et l’Ouganda, se soulève dans l’est du pays pour renverser Kabila. Très vite, d’autres acteurs armés apparaissent, dont le Mouvement de libération du Congo (MLC), et au moins neuf États africains sont entraînés dans un conflit que l’on qualifiera bientôt de « guerre mondiale africaine ».

1999
le 10 juillet 1999
Accord de Lusaka : cessez-le-feu, DDR et fondations de la MONUC Signé le 10 juillet 1999 par six États africains engagés.
10 juillet 1999 – Accord de Lusaka : cessez-le-feu, DDR et fondations de la MONUC

Signé le 10 juillet 1999 par six États africains engagés dans la Deuxième guerre du Congo, l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka marque un tournant diplomatique majeur dans une « guerre mondiale africaine » qui déchire la région des Grands Lacs. Il offre à la fois un cadre de cessez-le-feu, un mécanisme de désarmement et de démobilisation des forces armées (DDR/DDR-RR), et la base politique et juridique de la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC)

30 novembre 1999
Missions des Nations Unies au Congo
Monuc RD Congo

Le 30 novembre 1999, le Conseil de sécurité des Nations Unies adopte à l’unanimité la résolution 1279 (S/RES/1279), établissant officiellement la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC). Cette décision s’inscrit dans le prolongement direct de l’Accord de cessez-le-feu de Lusaka et installe, pour la première fois, une architecture onusienne moderne et structurée sur le territoire congolais, chargée d’accompagner la fin progressive de la « guerre mondiale africaine », de surveiller le cessez-le-feu et de préparer les programmes de DDRRR pour les groupes armés congolais et étrangers.

2001
Janvier 2001
L’Assassinat de Laurent-Désiré Kabila le 16 Janvier 2001 à Kinshasa.
Assassinat de Laurent Desire Kabila

Le 16 janvier 2001, au Palais de Marbre à Kinshasa, une salve de coups de feu met fin au règne de Laurent-Désiré Kabila. En quelques heures, la République démocratique du Congo bascule vers une succession imprévue : Joseph Kabila Président, à 29 ans, hérite d’un pays fracturé par la Deuxième Guerre du Congo, par les rivalités régionales et par une crise de légitimité interne.

2002
Le 17 Décembre 2002
Signé à Pretoria le 17 décembre 2002, l’Accord global et inclusif a servi de charpente à la transition politique congolaise dite « 1+4 »
Accords de Pretoria

Signé à Pretoria le 17 décembre 2002, l’Accord global et inclusif a servi de charpente à la transition politique congolaise dite « 1+4 » : un Président et quatre Vice-présidents, une recomposition institutionnelle, et un partage du pouvoir censé convertir la logique des fronts militaires en logique de négociation.

2003
Le 17 juillet 2003
La RDC inaugure officiellement son “1+4” : un président (Joseph Kabila) + quatre vice-présidents, chacun chargé d’une grande commission de gouvernement.
2003 Gouvernement de Transition 1+4

Dans une salle pleine à craquer du Palais du Peuple, le décor est solennel, presque théâtral. Un pays gigantesque, fracturé par la deuxième guerre du Congo (1998-2003) qui a fait près de 5 millions de morts, tente un geste que l’histoire africaine a rarement osé : faire cohabiter, au sommet de l’État, d’anciens ennemis armés, des opposants non armés, et le pouvoir en place.

2005
25 millions de Congolais approuvent la nouvelle Constitution et ouvert la voie aux élections de 2006
La Naissance de la IVe République et les Bases du Cycle Électoral 2006.
RD Congo Referendum de 2005

Les 18 et 19 décembre 2005, la République Démocratique du Congo a vécu un moment fondateur de son histoire politique contemporaine. Près de 25 millions d’électeurs congolais se sont prononcés sur l’adoption d’une nouvelle Constitution, approuvée à une écrasante majorité de 84,31%.

2006
Le 18 février 2006
Joseph Kabila promulgue officiellement la Constitution de la République Démocratique du Congo.
Constitution de la RDC Congo et la Constitution dite de Luluabourg

Le 18 février 2006, le président Joseph Kabila promulgue officiellement la Constitution de la République Démocratique du Congo, texte fondateur de la IVe République. Cette promulgation fait suite à son approbation massive par référendum les 18-19 décembre 2005 (84,31% de “OUI”) et marque l’aboutissement du long processus de transition initié par l’Accord Global et Inclusif de Sun City en 2002.

Élections RDC 2006
La Première Élection Démocratique Post-Guerre et les Défis de la Légitimité.
Elections de2011 Kabila reelu president

Les 30 juillet et 29 octobre 2006, la République Démocratique du Congo a vécu un moment historique : ses premières élections présidentielles démocratiques depuis plus de quarante ans. Près de 25 millions de Congolais se sont rendus aux urnes pour élire leur président, dans le cadre de la nouvelle Constitution promulguée le 18 février 2006.

2009
Le 23 mars 2009
L’accord de paix signé à Goma entre le gouvernement congolais et le groupe rebelle du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP).
M23 en 2012 a Goma

Dans la chronique tourmentée des conflits à l’est de la République Démocratique du Congo (RDC), certaines dates résonnent avec une signification particulière, teintée de tragédie. Le 23 mars 2009 est de celles-là. L’accord de paix signé à Goma ce jour-là entre le gouvernement congolais et le groupe rebelle du Congrès National pour la Défense du Peuple (CNDP) fut présenté comme la fin d’un chapitre sanglant.

2011
Decembre 2011
Élections de 2011 en RDC : scrutin à un tour, soupçons de fraude et autoproclamation de Tshisekedi à Limete.
Elections de2011 Kabila reelu president

En République démocratique du Congo, l’élection présidentielle de 2011 ne se résume pas à une date sur le calendrier : c’est un basculement. Un basculement intime — celui d’un peuple qui a cru tenir une clé démocratique entre ses doigts, puis a eu l’impression qu’on lui arrachait la serrure.

2012
Novembre 2012
L’insurrection du M23 s’intensifie au Nord-Kivu et la prise de Goma expose les limites de la MONUSCO et accélère la diplomatie régionale.
La chute de Goma-M23

Novembre 2012, Goma tombe aux mains du M23 sous les yeux de la MONUSCO. La ville découvre brutalement le prix de la “stabilisation” sans souveraineté, tandis que la région accélère une diplomatie contrainte.

2013
Octobre-novembre 2013
La Brigade d'intervention de la MONUSCO avait joué un role dans la défaite du M23 au Kivu.
Brigade d'intervention MONUSCO

Pour comprendre pourquoi 2013 a marqué les esprits, il faut revenir au traumatisme de la fin 2012 — un traumatisme qui ne se réduit pas à une ligne sur une chronologie militaire. Dans les quartiers de Goma, l’humiliation n’était pas seulement politique ; elle était intime.

2016
31 décembre 2016
L'« Accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016 », plus connu sous le nom d'Accord de la Saint-Sylvestre, fut signé sous la médiation des évêques catholiques.
L'« Accord politique global et inclusif du 31 décembre 2016 », plus connu sous le nom d'Accord de la Saint-Sylvestre, fut signé sous la médiation des évêques catholiques.

Le 31 décembre 2016, alors que le second et dernier mandat constitutionnel du président Joseph Kabila expirait depuis minuit, la République Démocratique du Congo (RDC) se trouvait au bord du précipice. Après des mois de tensions, de répression sanglante et de dialogue politique stérile, c’est dans les locaux du siège de la Conférence Épiscopale Nationale du Congo (CENCO) qu’une lueur d’espoir est apparue.

2018
Octobre 2018
Dr Denis Mukwege : « l’homme qui répare les femmes »
Denis Mukwege reçoit le prix Nobel de la paix 2018

Pour comprendre Denis Mukwege, il faut regarder l’Est congolais dans la durée, pas uniquement par le prisme des « urgences du moment ». Les années 1990–2000 ont installé une violence de masse où le corps des femmes est devenu, trop souvent, un champ de bataille. Dans cette région, l’hôpital n’est pas un simple bâtiment : c’est parfois la dernière frontière entre la survie et la disparition sociale.

2019
Élections de 2018
Investiture du Président Félix Tshisekedi, janvier 2019. Un moment charnière issu d’un scrutin hautement controversé.Les élections présidentielles du 30 décembre 2018 en République Démocratique du Congo devaient marquer la première transition démocratique pacifique du pays depuis son indépendance. Après 18 ans de pouvoir de Joseph Kabila, retardés de plus de deux ans, ces élections étaient scrutées par le monde entier.
Élection présidentielle de 2018 Tshisekedi proclamé vainqueur

Les élections présidentielles du 30 décembre 2018 en République Démocratique du Congo devaient marquer la première transition démocratique pacifique du pays depuis son indépendance. Après 18 ans de pouvoir de Joseph Kabila, retardés de plus de deux ans, ces élections étaient scrutées par le monde entier.

2020
Fin 2020
FCC-CACH : Félix Tshisekedi s’emploie à reconfigurer le pouvoir vers une nouvelle majorité dite “Union sacrée”.
Rupture FCC- CACH Pour la première fois et après 3 ans, Kabila révèle les vérités de sa séparation avec Tshisekedi

Dans les couloirs feutrés du Palais du peuple, les députés chuchotent. À la terrasse du « Chez Bébé » de la Place de la Gare, les politiciens négocient autour de bouteilles d’eau. Dans les studios étouffants des radios de Kinshasa, les analystes dissèquent chaque déclaration présidentielle à la recherche d’indices. Octobre 2020 en RDC : l’air est électrique, chargé de cette tension particulière qui précède les grands séismes politiques.

2022
15 décembre 2023
Les États-Unis indiquent que l’AFC (“Congo River Alliance”) est établie le 15 décembre 2023 et la sanctionnent le 25 juillet 2024 via l’OFAC.
AFC-M23-Alliance Fleuve Congo

À l’Est de la République démocratique du Congo, les mots ont souvent un poids de sang. Un nom nouveau peut annoncer une nouvelle stratégie, une nouvelle alliance, ou simplement un rebranding d’un rapport de force ancien. Le 15 décembre 2023, l’annonce de l’Alliance Fleuve Congo (AFC) est perçue par beaucoup de Congolais comme une alerte : la conflictualité ne se limite plus à des affrontements armés localisés ; elle se dote d’une façade plus politique, d’un discours plus “national” et d’une capacité de communication destinée à influencer la diplomatie, l’opinion publique et la scène intérieure.

2023
Decembre 2023
Entre espoirs, irrégularités et sentiment de trahison.
Élections présidentielles de 2023 en RDC.

Le 20 décembre 2023, la République démocratique du Congo organise des élections générales combinant présidentielle, législatives nationales et provinciales, dans un climat de méfiance et de fatigue démocratique accumulée depuis les scrutins de 2006, 2011 et 2018.

2025
Avril 2025
Le 24 avril 2025, un communiqué conjoint, arraché après des discussions à Doha sous facilitation qatarie, relance l’idée d’une trêve entre Kinshasa et l’AFC/M23.
24 avril 2025 — Initiative de trêve facilitée à Doha entre la RDC et les Rebelles du AFC/M23

Du point de vue congolais, Doha n’est pas seulement un lieu : c’est un signal. Quand la crise à l’Est s’emballe, les médiations se multiplient — parfois en concurrence. En mars 2025, le Qatar a surpris en facilitant des échanges au plus haut niveau, puis en accueillant des discussions entre délégations, pendant que les mécanismes africains (EAC/SADC) tentaient de “fusionner” leurs approches.

25 avril 2025
La République Démocratique du Congo et le Rwanda ont signé vendredi à Washington une déclaration de principes ambitieuse, censée poser les bases d’un futur accord de paix durable entre les deux pays, longtemps opposés sur la scène régionale.
Vendredi 25 avril 2025 : la RDC et le Rwanda signent la Déclaration de Washington

Pour comprendre les réactions congolaises, il faut écouter la mémoire longue. Au Congo, la diplomatie n’est pas seulement une table ronde : c’est aussi une archive de promesses inachevées. Les Kivu ont connu des accords, des « cesser-le-feu », des brassages, des intégrations, des retraits annoncés… puis des retours, sous d’autres sigles. Les cycles de violence ont été alimentés par des rivalités régionales, des économies armées et la fragilité chronique de l’État dans l’Est.

4 decembre 2025
Le Rwanda et les États-Unis laissent les Congolais et les victimes de guerre profondément sceptiques
Washington Accords

Par n’importe quel standard, la scène était spectaculaire : sous les lustres de Washington, D.C., drapeaux américains et africains parfaitement alignés, la République démocratique du Congo et le Rwanda s’engageaient à tourner la page de l’un des conflits les plus longs et les plus meurtriers du continent africain. Les applaudissements ont suivi la signature des Accords de Washington, un compromis négocié par les États-Unis et présenté comme une tentative décisive pour faire taire les armes à l’Est du Congo.

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